Les mutineries sanguines

Les
mutineries sanguines

 

 

 

De la friture, de l'huile bouillante ce soleil, coincé que j'étais dans un train de banlieue. Pourtant le champ de blé piqué de coquelicots avait l’insouciance de la beauté. 

Flottait une légère fragrance, épaisse et capiteuse, le parfum d'une vieille femme flétrissant dans son passé.

On peut toujours voir dans un signe, dans l'orage du temple, un petit dieu un peu débile, nous dégueulant son manque.

Un monde bipolaire : pornographie libérale contre chasteté minérale.

 

(un temps de bière fraîche et mousseuse, à se diluer, liquide, à l'ombre d'un arbre frémissant...) 

 

Je suis un fantôme : un buveur de rosée, un convoyeur d'ombre.

 

(l’ombre mauve de la salicaire, berçait le lourd clapot d'une péniche glissant sur le canal...)

 

Y a t-il un vers ultime, une césure délicate. Un (Le) verbe à ciseler au fond de notre trou, de la pointe d'un saphir sur la brume de jade...

Ce bas noir glissant sur ce galbe savoureux, sombre océan où mon âme fiévreuse sombre avec délicatesse... 

Je casse le génome du Verbe, pour en faire des mutineries verbales...!

Je suis la parole de brume, l'outrage fait à l'aube par l'œil sanglant du soleil.

Mon regard à l'éclat cassant de l'obsidienne, mon souffle, le martèlement rauque des mustangs. 

 

(garde ta haine petit et faisant une boule au profond de ta solitude, un glaviot sanglant : ulcère de ce monde.)

 

Que voulait me dire la pluie. Baiser humide dégouttant des profondeurs zébrées de bistre.

Le désert n'était qu'un silence de plus. Aiguisant son haleine de sable sur les arêtes de ma peau.

 

(Je sentais le poids de ses reins, affuter ma verge, ses bas gris acier luisant à la lueur des bougies. J'étais esclave, et elle déesse.)

Beaucoup d'hommes l'ont désiré. Mais un seul avait cette brûlure, cet éclat trouble dans le regard, cette passion mesurée sous la caresse.

De l'intensité de son regard, d'acier et de cristal, irradiait une chaleur douce.
Une invitation profonde à la sensualité.

(au réveil, le corps englué dans les sueurs nocturnes, transpercé par l'aile frissonnante d'un songe noir et glacé!) 

 

A la lueur nocturne d'une coupe de lait, un hérisson me contait l'hécatombe de
ses frères d'asphalte.

L'automne dégoulinait sur l'ombre noire des arbres.

La nuit est un fleuve où coule en amont du songe, l'apogée de nos fantasmes.

Je vogue sur des mers impalpables et sereines, je suis l'âme sombre d'un soleil incertain.

Un nappage de soleil sur une mer d'huile. Le cargo poussif, brûlait d'impatience. 

 

Nous avions décidé de mourir en paix. Car le désert ne s'offre qu'au silence.

Errance sur des chemins de sel sous des horizons d'obsidienne. J'étais tricard des sensations humaines.

Ma dépouille était un chien errant, usé, léchant la saveur de l’oubli…

 

 

 

Du 24/07/2012 Au
16/10/2012

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16/10/2012
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