Les Liturgies Automnales

Les liturgies automnales

 

 

 

(Je regardais l'océan comme un frère...)

 

Bruissement souple des feuilles jaunies glissant sur la pelouse humide. L'ombre d'un merle cherchant sa pitance. 

Pointillé d'ombre. Verticalité des épicéas coulée dans la dorure des feuillus.

Allongé. Les bras en croix. L'âme s'écoulant dans l'odeur âcre de l'humus, le torse ruisselant de pluie fine, fumante de brume...

Je sais qu'elle marchera pieds nus, dans le bruissement des feuilles mortes... 

 

La ville inocule sa rumeur d'asphalte et de goudron. Avachie sur le zinc, une prostituée se réchauffe de ses larmes.

Gangrène de pluie, ruisselante, huileuse sur la peau de nos espoirs affaissés

Sous les ciels menaçants, marquer la boue de notre empreinte de chasseur

Au nord de la ville, la poussière du terrain vague avait l’odeur huileuse de l’ennui

 

Songes fiévreux, de déluge, de tempête, comme si le doigt sénile et méprisant d'un dieu était posé sur mon crâne.

Fragrance humide, bruissement ténu à l'ombre pâle des arbres maigres et nus... Acidité d'un souvenir.

Frisson de lune, transperçant le feuillage noir, déposant son doigt nacré sur l'humus de nos regrets.

Un chien aboie derrière la brume. Quelques merles galopent sur le chemin encore baigné de nuit…

Avec l'aube, revenait la peine.

Nos mensonges s’accumulent comme des feuilles mortes sur l’eau trouble de notre âme. Exhalant l’odeur fade du remord.

Parfois on se raccroche à une simple voix. Parfois même, à un sourire qui ne nous était pas adressé.

 

Le sang glacé de l'oubli... 

La meute carnassière des souvenirs...

L'angoisse blanche de la haine...

Le tremblement sonore de l'ombre

L 'âme boursouflée de champignons, crevant, bavant leurs nausées...

Où la tumeur n'est qu'un long crissement aigu, interminable... 

Le regard ossifié captant cette clarté

Transperçant la pénombre humide des fantômes...

 

 

La brume hivernale lissait le vol criard des corbeaux. La plaine se crispait de givre, de silence.

La pluie, sur la vitre, de son doigt humide traçait des constellations brouillées.

Dans le jardin, la vieille balançoire grinçait sous la morsure d'un vent rugueux. 

Mouettes et goélands ont remonté les fleuves glacés. S'égayant dans les champs à la terre lourde et chavirée.

 

 

 

Les doigts maigres des arbres tissaient l'ombre mourante d'un soleil nocturne

Les doigts maigres des arbres griffonnaient le cri brisé d'un oiseau

Les doigts maigres des arbres : sutures d'horizon, cicatrices de vent 

Les doigts maigres des arbres se crispaient sur le sourire craquelé de leur écorce

Les arbres, âmes craquelées, criant de silence.

La neige : mort silencieuse du vacarme du monde.

Les corbeaux tiraient un trait d'ombre sur un ciel d'une immobilité glacée... 

 

(Et ma main, blessée et tremblante, dessinait le rite de la rosée...)

 

Du 15/11/2012 Au 19/01/2013

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20/01/2013
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