Lied de la nuit

Lied de la nuit

 

Et soudain

vient la nuit

comme une huile

de silence et de peine.

A son courant je m'abandonne

à peine armé

du précaire filet

de souvenirs tronqués et de nostalgies

qui s'acharnent encore

à recouvrer le territoire

perdu de leur royaume.

Comme des leurres ivres

tournent dans la nuit

noms, demeures,

carrefours, places,

pâturages, fleuves

et filles,

tournent en vain

dans le frais silence de la nuit

et nul ne répond à leurs appels.

Broyé et vaincu

les premières rumeurs

de l'aube me sauvent,

quotidiennes et insipides

comme la routine des jours

qui ne seront plus

le printemps fiévreux que jadis

nous nous étions promis.

 

Alvaro Mutis "Et comme disait Maqroll el Gaviero"

 



01/01/2012
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